Avec Rémi Kulik, concevoir un jardin-forêt en comprenant son terrain

Brian retrouve Rémi Kulik au Jardin d’Émerveille. En sortie d’hiver, leur promenade revient sur les arbres, le sol et les essais qui font évoluer un jardin-forêt.

Par où commencer un jardin-forêt ? Brian pose la question à Rémi Kulik, pépiniériste au Jardin d’Émerveille, en lui proposant un défi : répondre sans se contenter de dire « ça dépend ». La promenade montre précisément pourquoi le terrain, les objectifs et le temps changent les réponses. Les plantes sont encore marquées par la sortie de l’hiver ; le jardin n’est pas filmé comme une vitrine de récoltes estivales.

Observer sans attendre de tout savoir

Rémi conseille de comprendre le sol, les vents et le climat avant de choisir les plantations. Il ne demande pas pour autant de rester immobile pendant une année entière. Les voisins, notamment ceux qui cultivent à proximité, possèdent des connaissances utiles sur les conditions du lieu.

Il relie cette observation au projet : créer une pépinière professionnelle, élever des animaux ou aménager un jardin familial ne demande pas les mêmes installations. Définir la destination permet d’ordonner les premières interventions.

Rémi accueille Brian au Jardin d’Émerveille en sortie d’hiver.
Rémi accueille Brian au Jardin d’Émerveille en sortie d’hiver. Capture du reportage L’ArchiPelle.

Préparer le terrain et l’accès à l’eau

Un sol compacté, le vent ou l’absence de canalisations peuvent compliquer durablement la suite. Rémi évoque des réponses adaptées à ces difficultés, plutôt qu’un travail du sol identique partout. Il explique notamment que la profondeur et la nature du compactage changent le choix d’intervention.

Dans son propre lieu, sur les causses du Quercy, l’eau a orienté l’évolution du projet. Il raconte avoir rapidement renoncé au maraîchage pour se consacrer à la production de plantes. Le jardin-forêt s’est développé ensuite, sans avoir été la priorité dès le premier jour.

Planter des arbres en pensant leur avenir

Rémi regrette de ne pas avoir installé davantage d’arbres plus tôt, tout en reconnaissant que ses choix auraient peut-être été différents. Il décrit aussi des zones plantées de façon dense pour refermer plus vite la couverture végétale.

Cette densité suppose de prévoir des ajustements : retirer certains arbres, les conduire autrement ou leur laisser davantage de place. Rémi souligne qu’il produit ses propres plants. Ce contexte économique compte : le même choix n’a pas le même coût pour quelqu’un qui achète chaque arbre.

Les explications s’appuient sur les plantations présentes dans le jardin.
Les explications s’appuient sur les plantations présentes dans le jardin. Capture du reportage L’ArchiPelle.

Accompagner la végétation plutôt que la figer

La promenade traverse des ronces, des fruitiers et des plantes de sous-bois. Rémi raconte l’arrivée de végétaux qu’il ne parvenait pas à installer au début. Les conditions changent avec la couverture et l’évolution du jardin.

Il cherche à orienter cette dynamique vers des plantes utiles à son projet. Les ronces sans épines, par exemple, répondent à un objectif de cueillette plus accessible. Il parle aussi de leur vigueur et du travail nécessaire pour les conduire au bon endroit.

La promenade traverse un jardin-forêt encore peu feuillé à cette saison.
La promenade traverse un jardin-forêt encore peu feuillé à cette saison. Capture du reportage L’ArchiPelle.

Relier la structure du sol, sa vie et les apports

Rémi développe une lecture de la fertilité qui associe plusieurs éléments. La structure du sol, les organismes qui y vivent et les matières organiques ne sont pas des sujets séparés. Ses explications invitent à regarder leurs relations au lieu d’attendre une réponse unique d’un produit.

Les observations et les essais ont ainsi une place importante. Une plante qui peine ou un arbre qui ne s’adapte pas ne conduisent pas automatiquement à insister avec la même méthode. Il s’agit de comprendre ce qui limite la culture et de revoir ses choix.

Multiplier les plantes pour pouvoir expérimenter

La pépinière donne à Rémi une marge de manœuvre pour tester et renouveler les plantations. Il aborde les semis, les greffes et d’autres formes de multiplication comme des moyens d’obtenir des plants et d’apprendre leur comportement.

Il revient également sur les associations de végétaux. Une plante installée pour produire du feuillage n’a pas nécessairement les mêmes besoins d’emplacement qu’une autre dont on attend des fruits. Les objectifs de production aident à comprendre les différences, plutôt qu’à recopier une association sans contexte.

Le couvert au pied des plantations fait partie des observations du reportage.
Le couvert au pied des plantations fait partie des observations du reportage. Capture du reportage L’ArchiPelle.

Un livre qui prolonge les essais du jardin

L’échange revient sur le travail consacré au Guide Terre vivante du jardin-forêt. Rémi raconte la rédaction, les photographies et les tableaux qu’il a fallu préparer. Il souhaite donner des bases pour comprendre les réussites autant que les difficultés.

Son invitation finale reste ouverte : lire, essayer et lui faire des retours. Le jardin-forêt apparaît comme un projet à suivre dans le temps. Le fil commun aux réponses n’est pas une formule magique, mais la capacité à expliquer de quoi chaque choix dépend.

Repères de la rencontre

  • Intervenant : Rémi Kulik, pépiniériste au Jardin d’Émerveille.
  • Cadre évoqué : les causses du Quercy, avec une ressource en eau limitée.
  • Saison filmée : sortie d’hiver.
  • Thèmes : observation, implantation des arbres, fertilité et multiplication.
  • Ressource présentée : Le Guide Terre vivante du jardin-forêt.

Prolonger la rencontre avec Rémi

Retrouvez la chaîne du Jardin d’Émerveille, mentionnée dans le titre original. L’ArchiPelle propose aussi un reportage distinct consacré à l’eau dans ce jardin. Les autres visites sont réunies dans le catalogue des reportages.

💚 Soutenez notre média indépendant

Chaque année, L’ArchiPelle parcourt la France pour rencontrer des experts et des passionnés afin de partager leurs savoir-faire. La réalisation de ces vidéos demande des moyens importants, et votre soutien est essentiel pour nous permettre de continuer. Chaque don, même modeste, fait une grande différence.
Merci pour votre générosité !
» Faire un don

Abonnez-vous gratuitement à la lettre d’info de l’ArchiPelle

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité

À découvrir également