Un potager sur quatre mètres carrés : le balcon nourricier de Valéry

Un balcon étroit, des semis dans l’appartement et des projets partagés : Valéry raconte comment elle cultive, expérimente et transmet tout en vivant près de La Défense.

Dans ce reportage de L’ArchiPelle, Brian rencontre Valéry Tsimba près de La Défense, en région parisienne. Au moment du reportage, elle travaille dans l’informatique et consacre une grande partie de son temps libre au jardinage et à sa transmission. Sur un balcon d’environ quatre mètres carrés, dans son appartement et sur les rebords de fenêtre, elle multiplie les semis et les cultures. La visite montre comment cette passion transforme un petit espace, mais aussi comment elle se prolonge dans des jardins partagés et des ateliers. Valéry raconte ses essais, ses choix de variétés et l’équilibre qu’elle a trouvé en cultivant tout en restant citadine.

Un balcon étroit, des semis dans l’appartement

Le passage entre les bacs laisse à peine la place de se déplacer. L’espace cultivé ne se limite pourtant pas au balcon : une pièce accueille de nombreux plants, et la cuisine sert aussi de lieu de culture et de préparation. La visite révèle un logement dont l’organisation suit cette activité.

Valéry précise que tous ces plants ne lui sont pas destinés. Une partie rejoint les projets qu’elle accompagne au cours de ses ateliers. La quantité visible dans l’appartement ne doit donc pas être confondue avec une production alimentaire issue uniquement des quatre mètres carrés du balcon.

Elle travaille quatre jours par semaine afin de disposer de davantage de temps. Semis, préparation des ateliers et jardinage occupent ses soirées et ses week-ends. Ce choix fait partie de l’organisation qui lui permet de mener ces activités en parallèle.

Valéry Tsimba au milieu des cultures sur son balcon, en région parisienne.
Valéry Tsimba au milieu des cultures sur son balcon, en région parisienne. — Capture du reportage L’ArchiPelle.

Observer ses conditions avant de fixer les dates de semis

Valéry réalise ses plants à partir de graines et cherche à le faire simplement, sans lampe de croissance. Au fil des saisons, elle a testé plusieurs dates pour trouver celles qui lui conviennent. Dans les conditions de son appartement, elle commence notamment ses semis d’aubergines et de poivrons dès janvier.

Elle souligne que ce calendrier est le résultat de ses essais personnels. La lumière disponible et le développement obtenu chez elle ne sont pas nécessairement ceux d’un autre logement. Son invitation consiste à expérimenter dans son propre contexte, plutôt qu’à recopier une date isolée.

Le choix des variétés occupe aussi une place importante. Les tomates sont sa culture privilégiée durant la belle saison. Elle raconte en avoir cultivé une quinzaine de variétés lors de la saison précédente, réparties entre le balcon et plusieurs rebords de fenêtre.

Valéry présente ses semis et son livre dans l’appartement.
Valéry présente ses semis et son livre dans l’appartement. — Capture du reportage L’ArchiPelle.

Faire circuler les matières à l’échelle du quartier

Dans cet espace urbain, Valéry doit apporter du terreau pour ses nombreux semis. Elle décrit en parallèle trois destinations pour les matières organiques : les résidus de culture déposés en surface dans les bacs, un lombricomposteur fabriqué par ses soins dans la cave et les composteurs de jardins partagés proches lorsqu’elle dispose de davantage de matière.

La cave n’est pas un lieu de culture des plantes : elle l’a retenue pour les vers du lombricomposteur. Cette distinction montre comment elle attribue une fonction à chaque espace disponible.

Les jardins partagés prolongent également son expérience au-delà de l’appartement. Elle est adhérente de deux jardins partagés, dont l’un par l’intermédiaire de son AMAP, une association pour le maintien d’une agriculture paysanne. Pour cette dernière, elle insiste sur le soutien à un maraîcher proche et sur le lien entre des habitants de la ville et une production agricole locale.

Récolter régulièrement sans revendiquer l’autosuffisance

Interrogée sur les quantités, Valéry explique ne pas avoir pesé ses récoltes. Elle ne donne donc pas de rendement global pour son balcon. Elle décrit plutôt une succession de petites cueillettes : aromatiques, laitues et autres feuilles, avec des récoltes plus importantes à certains moments.

Pour les tomates de la saison qu’elle raconte, les premières cueillettes ont commencé assez tard et se sont poursuivies jusqu’à l’automne. En hiver, elle privilégie notamment les blettes et d’autres légumes-feuilles. Elle organise ainsi la place autour de cultures qui se succèdent au cours de l’année.

Son récit porte sur la diversité, le plaisir de cultiver et l’apprentissage. Il ne présente pas ce balcon comme une source de toute son alimentation : l’AMAP et les autres échanges font pleinement partie de sa vie citadine.

Des plants occupent la pièce ouverte sur le balcon de Valéry.
Des plants occupent la pièce ouverte sur le balcon de Valéry. — Capture du reportage L’ArchiPelle.

Combiner les hauteurs, les cycles et les supports

La place oblige Valéry à choisir. Elle commence par les variétés qu’elle souhaite découvrir ou retrouver, puis réduit sa liste pour faire tenir les plantations dans l’espace disponible. Elle rapproche les cultures et joue sur leurs cycles, leurs hauteurs et leurs périodes d’occupation des bacs.

Elle différencie notamment les tomates à croissance déterminée et indéterminée. Cette caractéristique influence leur encombrement et les associations qu’elle envisage. Des tuteurs en bambou et certaines plantes peuvent servir de supports à d’autres cultures.

Au moment de la visite, elle a implanté du maïs et prévoit de l’utiliser comme tuteur pour des haricots grimpants. Elle envisage de planter des laitues au pied pour couvrir le sol. Elle présente cette association comme son adaptation d’un principe de cultures associées, et non comme une disposition immuable à reproduire sur tous les balcons.

Partir de l’exposition du balcon

En fin d’échange, Valéry revient à un critère préalable : l’exposition et la durée d’ensoleillement. Elle invite à choisir les plantes en fonction de ce que l’endroit peut leur offrir, au lieu de s’obstiner à installer une culture dans une situation défavorable.

Elle oppose ainsi les besoins de ses tomates et les possibilités offertes par les légumes-feuilles dans une exposition moins lumineuse. L’organisation très dense observée chez elle s’appuie sur cette connaissance progressive des conditions du lieu.

Les plantes grimpantes et les tuteurs longent la façade du balcon de Valéry.
Les plantes grimpantes et les tuteurs longent la façade du balcon de Valéry. — Capture du reportage L’ArchiPelle.

Transmettre et trouver un équilibre en ville

Valéry relie son jardinage à une démarche de permaculture découverte progressivement, puis approfondie par une formation en conception en 2017. Elle en retient autant l’observation et l’organisation des cultures que le partage des connaissances.

Cette transmission a pris plusieurs formes : réseaux sociaux, bénévolat, ateliers, association créée en 2018 et livre Mon balcon nourricier en permaculture, paru aux éditions Ulmer. Une partie des plants aperçus pendant la visite s’inscrit dans cette continuité.

Elle évoque aussi le stress du rythme urbain et l’équilibre trouvé grâce aux plantes. Un espace plus grand reste une envie, mais les projets auxquels elle participe lui permettent déjà de cultiver et de transmettre. Son conseil final est de commencer avec ce qui est disponible : les essais menés en ville apportent une expérience qui servira pour la suite.

Questions sur ce reportage

Valéry mesure-t-elle le rendement de son balcon ?

Non. Elle raconte des récoltes régulières, mais précise qu’elle ne les a pas pesées. Le reportage ne fournit pas de bilan quantitatif global.

Tous les plants de l’appartement sont-ils destinés au balcon ?

Non. Une partie est préparée pour les projets et les ateliers qu’elle accompagne. Le logement est aussi un espace de semis et de transmission.

Pour prolonger la rencontre

Voir le reportage original

Le Jardin Nourricier sur Instagram, indiqué dans la description du reportage

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